Kigali, Rwanda – Le Rwanda a jugé lundi « inacceptables » les récentes accusations du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, selon lequel l’armée rwandaise a « soutenu » le groupe armé M23 dans des tueries de civils ayant fait au moins 319 morts en juillet dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Selon les témoignages directs reçus (…) au moins 319 civils ont été tués par le M23, soutenu par des membres des Forces de défense du Rwanda, entre le 9 et le 21 juillet dans quatre villages du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu – l’un des bilans les plus élevés documentés lors de telles attaques depuis la résurgence du M23 » fin 2021, avaient dénoncé la semaine dernière les services de Volker Türk dans un communiqué.
La plupart des victimes – dont au moins 48 femmes et 19 enfants – étaient des agriculteurs campant dans leurs champs pendant la saison des plantations, avait détaillé le Haut-Commissariat.
M. Türk s’est dit « consterné par les attaques contre les civils » dans l’est de la RDC où les « combats qui se poursuivent, malgré le cessez-le-feu récemment signé à Doha ».
Si le ministère rwandais des Affaires étrangères, dans un communiqué paru lundi, ne nie pas les attaques du groupe armé, il rejette « l’inclusion gratuite de l’armée rwandaise dans ces accusations », « sans aucune preuve », ce qu’il qualifie d' »inacceptable » et de nature à « remettre en question la crédibilité du Haut-Commissariat et sa méthodologie ».
« Les accusations sensationnalistes risquent de compromettre le processus en cours d’une résolution pacifique du conflit en RDC », affirme encore Kigali.
Le M23, soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle de vastes zones de l’est de la RDC depuis fin 2021 et s’est emparé en janvier et février des grandes villes de Goma et de Bukavu à la suite d’une offensive-éclair.
Il a depuis lors été accusé de multiples exactions dans l’est de la RDC, riche en minerais mais en proie aux conflits depuis plus de 30 ans.
La RDC et le M23 ont signé le 19 juillet à Doha un accord dans lequel les deux parties s’engagent « en faveur d’un cessez-le-feu permanent ». Mais les effets concrets de cet accord restent limités sur le terrain, selon le Haut-commissariat onusien.
Kinshasa et Kigali ont signé en juin à Washington un accord de paix, dont les dispositions doivent encore être mises en oeuvre.
© Agence France-Presse










