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Ce que l’on sait des dizaines d’arrestations de militaires au Mali

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A member of the Malian special forces stands guard during the ceremony that celebrates the national army day, in Kati, on January 20, 2022. With the support of French, European and Russian partners, the Malian army is trying to regain the territories occupied by armed groups and jihadists. (Photo by FLORENT VERGNES / AFP)

Bamako, Mali – Les autorités maliennes ont procédé ces derniers jours à l’arrestation de dizaines de militaires, dont deux généraux, soupçonnés de vouloir renverser la junte, arrivée au pouvoir après deux coups d’Etat successifs en 2020 et 2021.

A member of the Malian special forces stands guard during the ceremony that celebrates the national army day, in Kati, on January 20, 2022. With the support of French, European and Russian partners, the Malian army is trying to regain the territories occupied by armed groups and jihadists. (Photo by FLORENT VERGNES / AFP

Voici ce que l’on sait de cette vague d’arrestations dans ce pays coutumier des troubles politiques et militaires dans un contexte de restrictions sévères des libertés par la junte et de violences jihadistes meurtrières sur le territoire:

– Au moins 55 arrestations

Depuis la semaine dernière, au moins 55 militaires, dont deux généraux, ont été arrêtés selon des sources sécuritaires et des proches des personnes concernées.

Ces arrestations se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi, ont confirmé ces mêmes sources contactées lundi par l’AFP.

« Il y a des arrestations liées à une tentative de déstabilisation des institutions », a indiqué dimanche une source sécuritaire.

Une autre source au sein de l’armée a affirmé que les autorités ont « procédé aux arrestations nécessaires » pour contrer une « tentative de déstabilisation » de l’Etat.

Selon un membre du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif mis en place par la junte, « tous (les gens arrêtés) sont des militaires ».

Leur « objectif était de renverser la junte », a poursuivi ce législateur.

– La garde nationale dans le viseur

Les arrestations se sont principalement faites au sein de la garde nationale, un corps de l’armée malienne.

C’est notoirement le corps d’origine du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, une des principales figures de la junte.

Plusieurs observateurs ont relevé que certaines des personnes arrêtées par les autorités sont des proches de M. Camara, mais celui-ci n’a pas été inquiété à ce jour.

Certains hauts gradés comptent parmi les militaires interpellés, dont le général Abass Dembélé, une figure très respectée au sein de l’armée. Cet ancien gouverneur de la région de Mopti (centre) a récemment été démis de cette fonction par la junte.

« Des militaires sont venus tôt (dimanche) pour arrêter le général Abass Dembélé à Kati (en banlieue de Bamako). On ne lui a pas dit pourquoi », a raconté à l’AFP un de ses proches.

Une des rares femmes à occuper un poste de haut gradé au Mali, Nema Sagara, générale de brigade à l’Etat-major de l’armée de l’Air, a également été interpellée.

Selon une source sécuritaire malienne, « des civils pourraient également bientôt être interrogés dans cette affaire ».

– Silence de la junte

Lundi matin, la junte n’avait toujours pas communiqué sur cette série d’arrestations.

On ne sait pas s’il s’agit d’arrestations préventives ou s’il est reproché aux personnes arrêtées d’être en phase de préparation d’un renversement de la junte.

Un diplomate africain en poste à Bamako s’interroge sur ce « silence du gouvernement » et évoque une situation « complexe » dans un contexte de « loi de l’omerta ».

– Le contexte

Depuis 2012, ce pays sahélien fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires. Elle s’ajoute à une grave crise économique.

La junte, dirigée par le président Assimi Goïta, s’est détournée des partenaires occidentaux, notamment l’ancien colonisateur français, pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie au nom d’un souverainisme.

L’armée malienne et ses alliés, les mercenaires russes d’Africa Corps, chargés notamment de traquer les jihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils

Pour le sociologue malien Oumar Maïga, « cette histoire est la preuve que les militaires ont du mal à maîtriser la situation. Dans les rangs de l’armée il y a une grogne ».

© Agence France-Presse

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