
Pretoria, Afrique du Sud – Les relations entre Pretoria et Washington sont à un « niveau très faible » après les tentatives d' »interférences » de Washington dans les « affaires intérieures » de l’Afrique du Sud, a estimé le ministre des Affaires étrangères sud-africain Ronald Lamola dans un entretien à l’AFP mardi.
Visé par les droits de douanes le plus élevé d’Afrique subsaharienne (30%), Pretoria est ciblé depuis des mois par des attaques de l’administration de Donald Trump lui reprochant de prétendues persécutions des fermiers blancs ainsi que ses politiques de discrimination positive.
Interrogé par l’AFP sur la qualité de la relation entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis, Ronald Lamola a constaté qu' »elle était à un niveau très faible ». « La différence, je pense, c’est que jamais auparavant on a connu cette situation où un autre gouvernement cherche à créer des interférences dans les affaires intérieures, comme c’est le cas actuellement », a ajouté le chef de la diplomatie sud-africaine.
Des secteurs entiers du pays, comme l’agriculture, l’automobile et le textile, qui bénéficiaient auparavant de conditions favorables d’exportation vers les Etats-Unis, vont pâtir des droits de douanes « très punitifs » imposés par Washington, selon les mots du président sud-africain Cyril Ramaphosa.
« On pense qu’il est important de préserver notre souveraineté et de traiter avec les Etats-Unis comme des Etats souverains égaux », a affirmé Ronald Lamola en rappelant que la redistribution des terres étaient un « impératif de la Constitution » sud-africaine, promulguée en 1996 par Nelson Mandela.
Les surtaxes douanières américaines pourraient coûter à Pretoria de 30.000 à 100.000 emplois selon les estimations respectives du ministère du Commerce et de l’Industrie et du gouverneur de la Banque centrale.
« On a fait absolument tout ce qui était possible pour conclure un accord », a déclaré le ministre. « La situation avec les États-Unis est imprévisible pour tous les pays, pas seulement pour l’Afrique du Sud. »
Les reproches de l’administration Trump envers les politiques sud-africaines n’ont « pas été mises pour le moment sur la table » des négociations, a par ailleurs assuré le chef de la diplomatie. S’il ne veut pas « spéculer », il reconnaît que « davantage pourrait être en jeu » au regard des critiques de la Maison blanche, résumées dans un décret présidentiel fustigeant les « actions scandaleuses de l’Afrique du Sud ».
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