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Yaoundé, Cameroon – La Cour constitutionnelle du Cameroun a rejeté vendredi un recours déposé par un candidat à l’élection présidentielle, visant à rendre inéligible le président sortant Paul Biya et le disqualifier de l’élection du 12 octobre prochain.

La Cour constitutionnelle du Cameroun a rejeté vendredi un recours déposé par un candidat à l’élection présidentielle, visant à rendre inéligible le président sortant Paul Biya et le disqualifier de l’élection du 12 octobre prochain.

« La requête est recevable mais rejetée au fond, car non justifiée », a conclu le président de la Cour, Clément Atangana, à l’issue de deux heures de débat suivies d’un huis clos.

La requête avait été formulée lundi par Akere Tabeng Muna, candidat du parti UNIVERS, « aux fins de constater l’inéligibilité de Paul Biya à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 », selon un rapport lu à l’audience par un membre du Conseil constitutionnel.

« Je m’incline devant la décision », a concédé le requérant Akeré Muna. Mais « il est question de savoir est-ce que le président est indépendant ou non. Rien n’a été produit pour dire non. Nous avons produit des documents qui montrent le contraire. Le président Biya règne, mais il ne gouverne pas », a-t-il maintenu.

Selon Akere Muna, « le candidat (Biya) est sous l’emprise structurelle d’autrui » et « sa dépendance est organisée par un entourage qui usurpe sa volonté présidentielle ».

Michèle Ndoki, avocate de M. Muna, s’est concentrée dans sa plaidoirie l’influence de la Première dame et celle du secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.

« La dépendance la plus préoccupante est celle vis-à-vis de son épouse », a déclaré Mme Ndoki devant la Cour, avançant notamment que la Première dame est « française » et que son mari Paul Biya serait donc soumis à l’influence d’une « personne étrangère », fait proscrit par la loi électorale.

« Mme Biya est camerounaise. Sa nationalité a été acquise par le mariage », a balayé d’un revers le représentant de Paul Biya, le ministre Grégoire Owona.

Le camp d’Akere Muna a de surcroît cité des apparitions publiques du couple Biya pour étoffer son argumentaire : selon eux, Paul Biya est « en situation de dépendance de son épouse qui lui dit comment accomplir ses obligations protocolaires. C’est ce qui a été vu », a alors assuré Mme Ndoki.

Le requérant a également cité le pouvoir de signature accordé en 2019 par décret présidentiel au secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, évoqué comme une situation dangereuse pour « la souveraineté du Cameroun ».

Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis près de 43 ans au Cameroun, affrontera douze autres candidats pour briguer un nouveau septennat le 12 octobre prochain.

© Agence France-Presse

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