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Bujumbura, Burundi – Le général-major burundais Bertin Gahungu a été arrêté et incarcéré, ont annoncé vendredi des sources sécuritaire et de la société civile, une ONG luttant contre la torture le décrivant comme l’un des principaux tortionnaires lors de la crise de 2015 dans le petit pays d’Afrique des Grands Lacs.

Burundian military personnel arrive at Goma airport in eastern Democratic Republic of Congo on March 5, 2023. Thirty Burundian soldiers landed at Goma airport in the eastern Democratic Republic of Congo on Sunday to join an international force helping Kinshasa tackle the rise of militias in the region. The troops will be deployed as part of the regional force set up by the East African Community (EAC) countries to try to stem the advance of the M23 rebellion and disband the hundred or so armed groups that plague eastern DR Congo. (Photo by ALEXIS HUGUET / AFP)

M. Gahungu a été interpellé à son bureau à Bujumbura par des agents du renseignement et est détenu au sein de leurs locaux de la capitale burundaise, accusé d’atteinte à la sûreté intérieure et d’outrage au chef de l’État, entre autres, a précisé à l’AFP un haut gradé sous couvert d’anonymat.

Issu de l’ex-principale rébellion hutu du CNDD-FDD, parti au pouvoir depuis 20 ans, il était selon une source sécuritaire à la tête du renseignement intérieur en 2015, lorsque l’opposition avait jugé illégale la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

La contestation qui avait suivi avait été violemment réprimée, avec des exécutions sommaires, disparitions, détentions arbitraires, tortures et violences sexuelles contre toute voix dissidente. Au moins 1.200 personnes sont mortes et quelques 400.000 ont été forcées de fuir entre avril 2015 et mai 2017.

« Son nom a été cité parmi les principaux artisans de la terreur » lors de cette « répression sanglante », a assuré à l’AFP Armel Niyongere, président de l’ONG de défense des droits humains Acat-Burundi.

« Il a été identifié à maintes reprises dans nos rapports comme responsable de torture, de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires (…) Son parcours illustre l’impunité qui à longtemps protégé les tortionnaires du régime CNDD-FDD au détriment des victimes et de leurs familles », a-t-il regretté.

Pacifique Nininahazwe, l’une des figures de la société civile en exil, a décrit sur X un « moment de disgrâce d’un cacique du régime Nkurunziza ». Il est détenu là où, en 2015, « il a fauché tant des nôtres » et « torturé Esdras Ndikumanaé », journaliste pour l’AFP et RFI à l’époque, a-t-il ajouté.

Selon le haut gradé, le général s’en était à plusieurs reprises pris au président Evariste Ndayishimiye, qu’il accusait notamment d’être un incapable.

Evariste Ndayishimiye a pris les rênes du Burundi en 2020 après le décès de son prédécesseur Pierre Nkurunziza, qui a tenu le pays d’une main de fer durant 15 ans.

Depuis son accession à la présidence, le régime oscille entre signes d’ouverture et ferme contrôle du pouvoir, marqué par des atteintes aux droits humains dénoncées par des ONG et l’ONU.

Un activiste au Burundi, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles, a regretté auprès de l’AFP que le général ait été arrêté « pour des rivalités et des divisions entre les caciques du pouvoir », et non pour ses crimes contre la population.

© Agence France-Presse

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