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Une figure d’un mouvement politique qui a dénoncé cette semaine des massacres de civils attribués à l’armée burkinabè et ses supplétifs dans l’ouest du pays a été enlevée mardi à Ouagadougou, a annoncé son organisation.

« Le mouvement Servir et Non Se Servir (Sens) exprime sa plus vive indignation et sa profonde inquiétude face (….) à l’enlèvement brutal de Idrissa Barry, membre de sa coordination nationale, ce jour 18 mars à Ouagadougou », a déclaré cette ancienne organisation de la société civile devenue un mouvement politique, dans un communiqué transmis à l’AFP

M. Barry a été enlevé « alors qu’il était en audience avec le président de la délégation spéciale à la mairie de Saaba », une commune située près de Ouagadougou, a-t-il ajouté.

« Cet acte de disparition forcée, en plein jour et dans une enceinte administrative, constitue une grave violation des droits humains  et une menace directe contre toutes les voix critiques », a poursuivi « Sens », qui exige la « libération immédiate et sans condition » d’Idrissa Barry.

En début de semaine le mouvement « Sens » a dénoncé des « vidéos insoutenables », de massacres de civils peuls à Solenzo, dans l’ouest du Burkina Faso, attribués à l’armée burkinabè et ses supplétifs civils, sous le couvert de la lutte antijihadiste.

« Comment peut-on justifier de telles expéditions punitives sur des populations faibles et sans défense dont le seul crime est leur appartenance à une communauté ethnique ? », avait écrit le mouvement dans un communiqué.

Les autorités burkinabé ont de leur côté nié toute accusation de massacre.

Le Burkina Faso est dirigé depuis septembre 2022 par une junte militaire à la suite d’un coup d’Etat, avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré qui a promis de rétablir la sécurité.

Le pays est confronté depuis 2015 à de nombreuses attaques de groupes armés jihadistes, sur la majeure partie de son territoire.

Depuis le putsch, de nombreux cas d’enlèvements de voix considérées comme hostiles au régime militaire ont été rapportés à Ouagadougou et dans d’autres localités du pays.

Le coordinateur national de Sens, l’avocat Guy Hervé Kam, a été victime de deux enlèvements, avant d’être inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour « complot. »

© Agence France-Presse

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